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 Football Colombien

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guymove

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Date d'inscription : 06/09/2006

MessageSujet: Football Colombien   Sam 8 Oct - 2:48

Actuellement en Colombie jusqu'en janvier. Je vous édite cette petite bafouille que j'ai écrite pour un blog.
Comme il ya une petite dédicace pour le stade...

Citation :
[b]La Colombie : Un football qui sent la poudre.

Oui, je sais. Je les vois venir les mauvaises langues. Quel boulet ce Guillaume avec son titre facile. Et puis quel sujet plus complaisant que le football ? Les trois quart des personnes qui consultent ce blog n'en ont rien à carrer de vingt-deux types athlétiques qui courent, tel des teckels à poil long derrière une balle de cuir, surtout lorsqu'on partage le continent avec le Brésil ou l'Argentine, véritables terres de football ! Et bien d'une, pour calmer mes pulsions névrotiques et celles des quelques hystériques qui partagent mon addiction. Et de deux, parce que ce championnat colombien si cocasse, si sulfureux, si proche du nôtre, sur bien des aspects (et donc si attachant) permettra à tout détracteur du nouvel opium du peuple, si il arrive à aller jusqu'au bout de cette bafouille, d'engranger de nouveaux arguments implacables sur les desseins machiavéliques de ce sport despotique, sale, et outrancièrement mercantile.

Maintenant que je me suis justifié, j'ai donc expié mes péchés sans pour autant faire acte de contrition, et je peux commencer de ce pas un tour d'horizon rapide du football colombien.


Débutons l'étude de cas par l'équipe nationale. Si aujourd'hui elle peut s'enorgueillir d'avoir de belles individualités dans son équipe (Falcao qui flambe en Europe. Des petits jeunes de moins de 20 ans qui ont proposé un des meilleurs football, lors de la compétition mondiale organisée cet été au pays), et d'avoir compté dans ses rangs pléthores de joueurs mythiques dans le passé (souvenez-vous :Valderrama, Asprilla, Aristizàbal ou Higuita !), on ne peut pas dire que le palmarès suive. Jugez-donc : quatre participations à la coupe du monde ( 1962, 1990, 1994 et 1998 ) pour un misérable huitième en 1990, perdu contre le mythique Cameroun de Roger Milla (Le match où Higuita fait n'importe quoi en voulant dribbler le vieux lion à qui on la fait pas).

En compétition continentale, c'est pas beaucoup mieux : une seule victoire en 2001 pour quarante-trois participations. Et encore, une victoire à domicile à l'arrache, dans une des édition des plus portnawak de l'histoire du football : Le tournoi devait avoir lieu en terre colombienne, avec la présence de deux pays invités (Mexique et Canada). Puis, à cause de sa réputation de l'époque, la CONMEBOL songe à refiler la compét' aux voisins vénézuéliens avant de se raviser à la dernière minute. Puis coup de théâtre, l'Argentine pétocharde annonce qu'elle se retire de la compétition car elle aurait reçu des menaces de mort de supporters colombiens un peu trop zélés. Face à ce bordel ambiant, le Canada se défile en renvoyant ses joueurs au pays en loucedé avant d'annoncer son retrait, histoire que la décision soit irréversible. Déjà donc, la Copa débute avec deux équipes en moins. Et ce n'est qu'après l'ouverture du tournoi, après plusieurs matchs joués, que les équipes du Honduras et du Costa Rica seront invités en rejoignant la Colombie, convoyés par des avions militaires. Ambiance. Par la suite, pour rajouter encore une touche de folie, les brésiliens (avec Cris, Juninho, prenez-ça les lyonnais ; mais aussi Denilson ou Jardel) se font sortir en quart de finale par le Honduras. Oui, oui, le Honduras. Et du coup, la Colombie n'a plus qu'à battre les irréductibles Péruviens, les maléfiques Hondurasiens, et les intrépides Mexicains pour s'adjuger la victoire finale, et s'offrir le dépucelage en règle de son rachitique palmarès. Qui, rassurez-vous, n'a pas évolué depuis lors.



Vous l'aurez compris, à l'instar des Français, le palmarès footballistique international des Colombiens ne se caractérise par une multitudes de titres. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'au niveau des clubs c'est aussi très chiche. Deux pauvres Copa Libertadorès (la Champion's League printemps/hiver) glanées en 50 ans d'histoire. L'Athlético Nacional de Medellin en 1989, et le Once Caldas de Manizales en 2004. Sinon, nada en Copa Suraméricana (La Champion's League automne/été), et nada en Recopa Sudaméricana (La confrontation des deux vainqueurs des compétitions précédentes). Soit moins de récompenses internationales que le Pérou, l'Uruguay, l'Equateur, le Chili, ou le Paraguay... Un genre de palmarès à la française donc.
Bien heureusement, les clubs colombiens sont encore capables d'exploit, et toujours un peu à la sauce française. Par exemple cette année, Tolima, un modeste club colombien de seconde zone, s'est qualifié pour la compétition par un savant calcul à la mort moi le nœud, et s'est permis de sortir les Corinthians d'Adriano du tour préliminaire de la Libertadores ; avant bien entendu de se faire sortir d'une poule à priori très accessible... Sinon, le Deportivo Cali a joué trois finales entre 85 et 87 dans cette même compétition, sans jamais en gagner une seule. Et donc souvent, très souvent même, les clubs colombiens atteignent les quarts ou demi-finales de l'épreuve. Mais toujours au grand plaisir de leurs adversaires. Les cocus de l'affaire sont toujours les Colombiens : bons contre les gros, mais incapable de les battre. Inutile vous dire que cela invite à la compassion...

Bref, supporter son club en Colombie, c'est surtout le suivre dans les compétitions domestiques où là aussi, l'organisation est assez insolite. la Liga Postobon (d'une marque de soda colombien., vous marrez pas, nous, on joue la Ligue 1 Orange.) se joue en deux phases.

D'abord les 18 équipes se rencontrent sur un match unique, soit dix-sept parties. Mais autour de la huitième journée est organisé un Clasico, où chaque équipe rencontre une seconde fois un adversaire de la division (Cette année ce n'était que des derbys ; genre Nacional de Medellin Vs Independiente de Medellin, mais je ne sais pas si c'est la même chose tous les ans). A la fin des dix-huit matchs donc, on établit un classement, et on organise une seconde phase avec les huit meilleures équipes qui sont partagées en deux poules de quatre. Les deux premiers se rencontreront en finale aller/retour pour désigner le champion du semestre, puisqu'il y a deux championnats par an (Ça va, vous suivez ?). Les deux champions de l'année joueront la Libertadores. Pour les autres places de coupes continentales, il faut calculer le total des points obtenus sur un an (donc si on a joué les poules de quatre deux fois l'an, c'est mieux). Pour la descente c'est plus ou moins le même calcul, mais on revient trois ans en arrière, ce qui protège carrément les grosses équipes.
Cependant, il faut noter que peu d'équipes ont réussi à se maintenir systématiquement en Liga Postobon depuis sa création. Seuls Santa Fe et le Millonarios, les deux clubs de Bogota, ainsi que l'Athletico Nacional de Medellin ne sont jamais descendus. Ce qui en fait, pour au moins deux d'entre eux, des clubs mythiques. Mais laissez-moi donc vous conter la chanson des fiers et valeureux fer-de-lances colombiens.

Commencons par le Millonarios. Incontestablement le plus populaire des clubs de Bogota. En 1949, les santafereños accueillent le sémillant Alfredo Di Stefano, tout jeune, et tout fraichement débarqué de River Plate, pour s'adjuger les quatre premiers championnats de son histoire. Juste après, l'Argentin ira tranquillement construire sa légende au Real. Mais aujourd'hui, Los embajadores (sobriquet glané après avoir gagné le tournoi du cinquantenaire du Real de Madrid) ont le record de victoire en championnat (13 titres) à égalité avec l'America de Cali.
L'America de Cali justement. Un maillot super classieux (avec un diable qui joue au foot en guise d’écusson), mais un monument aux abois. Quatre finales de Libertadores, toutes perdues pour les diablos rojos. Des titres en veux-tu en voila, pour l'un des plus anciens clubs colombiens. Aujourd'hui, il est bon dernier de la Liga, et en proie à des difficultés financières, suite à un démantèlement lié au narcotrafic, sur lequel nous reviendrons plus tard.
L'Athletico Nacional de Medellín. Peut-être le club le plus populaire de Colombie, et avec le palmarès international le plus fourni du pays. Installé au stade Anatasio Girardot en compagnie de l'Independiente de Medellín, où joue désormais l'équipe nationale à domicile, les vert-et-blancs sont actuellement les champions en titre, et caracolent encore aujourd'hui en tête du classement après avoir vaincu ce week-end l'Independiente lors du derby Paisa. On couvre de leur blason les murs de toute la Colombie. Et à ce niveau, seul un club peut les concurrencer.
Le Junior de Barranquilla. En effet les tiburones (requins), malgré un palmarès indigne de leur standing (six titres), affiche une popularité sans bornes sur toute la côte caribéenne. Ici aussi de grands noms sont passés : Higuita et Valderrama (certes, ils ont joué dans la moitié des clubs colombiens), Pierre Aubame (qui a commencé sa carrière au Stade lavallois ne l'oublions pas.) et, s'il vous plait, Garrincha le meilleur joueur de foot de tous les temps. Auparavant, l'équipe nationale jouait à Barranquilla, où parait-il elle était presque invincible. Inutile de vous confirmer que les supporters du Junior ont vécu le transfert de la Nacional vers Medellín comme un affront.

Évidemment cette liste est non exhaustive. J'aurais pu mentionner le Once Caldas de Manizales, le Deportivo Cali, ou bien Santa Fe. Mais que voulez-vous ? Il fallait bien choisir.



Et pour terminer, cette radioscopie du football colombien ne serait pas complète si je ne revenais pas sur quelques faits extra-sportifs des années 80, qui aujourd'hui encore témoignent des séquelles du narcotrafic sur le paysage footballistique du pays. Au début des années 80 donc, les narcotrafiquants sont les rois du pétrole en Colombie : Pablo Escobar à Medellín, les frères Ochoa à Cali, etc. Rapidement, ils découvrent que le football est un excellent moyen pour blanchir l'argent de la drogue, entre autres. Et à la manière d'un oligarche russe, ils vont chacun s'offrir un club de football, histoire de faire tourner la machine. S'ensuit alors un grand n'importe quoi : intimidation de joueurs, assassinat d'arbitre, au point que l'entraineur de l'America de Cali avouera en 1983 "qu'il vaut mieux acheter un tueur à gage plutôt que des joueurs pour gagner le championnat.."
Dans les années 90, le gouvernement colombien, épaulé par les USA, entre en guerre contre le narcotrafic. Histoire de ne pas se faire gauler, les barons de la drogue vont alors se faire plus discrets tout en continuant le business en sous-main. Jusqu'à parfois intervenir dans le sportif : on dit que dans les années 90, les joueurs de l'équipe nationale étaient choisis par les cartels, histoire de faire monter la valeur marchande du joueur, et de s'offrir une belle plus-value.. de la traite de la blanche à la traite de la viande donc..


Dans les années 2000, le démantèlement des cartels fait tomber au Etat-Unis les têtes des narcos et de leurs sbires. Et c'est là qu'en Colombie on fait semblant de découvrir le pot au rose. La moitié des clubs sont corrompus : les dirigeants du Deportivo Pereira, du Deportes Tolima, de l'Independiente Medellin, et beaucoup d'autres sont accusés de fraudes, détournement d'argent, transferts douteux de joueurs vers le Mexique, et achats de biens immobiliers illégaux. On apprend aussi que le président de l'Athlético Bucaramanga s'est fait dessouder quelques années auparavant, parce qu'il a refusé de vendre son club (qui sera de toute façon racheté juste derrière par un narcotrafiquant). Aujourd'hui, l'enquête se situe vers les clubs de seconde zone, là ou il est plus aisé de blanchir de l'argent sale en dehors du faisceau des projecteurs... Les Colombiens ne parlent pas trop de ces affaires. Pour eux, le plus dur est passé. Et, comme sur toute la planète, on a jamais trop envie de se pencher sur les dessous de ce sport, histoire d'éviter l'écœurement et la gerbe qui va avec.

Bref le football en Colombie, c'est finalement toute une histoire sportive et extra-sportive qui ne laisse pas insensible. Malgré les errements du passé, malgré un niveau de jeu très médiocre, la Liga Postobon ambiance les foules à chaque journée de championnat. La banane sur le visage, et le maillot de sortie, les supporters gardent cependant une distance toute sympathique avec le ballon rond, et vivent leur histoire d'amour de manière très légère, mais néanmoins passionnelle. Aujourd'hui, plus de débordement dans les stades, juste une bonne dose d'auto-dérision, et d'espoir afin de croire qu'un jour, eux aussi pourront atteindre le gotha continental et regarder les brésiliens et argentins dans les yeux. Ça vous rappelle pas un pays, à vous ?

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knip



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MessageSujet: Re: Football Colombien   Sam 8 Oct - 10:22

Sympa.

La prochaine fois, un tableau du monde des supporteurs.

Quel est ce blog ?
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TangoBen
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MessageSujet: Re: Football Colombien   Sam 8 Oct - 21:23

quand tu reviens à Marseille, tu nous fais la même sur le foot du sud ? lol!

au fait il parait que Cassis et Carnoux se sont séparés

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guymove

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MessageSujet: Re: Football Colombien   Lun 10 Oct - 19:54

Merci les gars.

C'est juste un blog comme ça, sur notre voyage en Colombie. Pour notre famille et nos amis.
Faut savoir, que Pierre Aubame, les vieux supporters du Junior s'en souviennent ! Ça fait plaize quand même !

Pour le football du sud et ses supporters, j'ai pas grand chose à dire... Je vais régulièrement au vélodrome, mais chaque fois je me dis qu'il faudrait assassiner les kapos et le tas de moutons qui beugle derrière.

Cassis-Carnoux c'est moche, le stade est pitoyable. Qu'ils se séparent c'est peut-être leur meilleure idée.

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guymove

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MessageSujet: Re: Football Colombien   Sam 7 Jan - 6:52

José Pekerman devient sélectionneur des cafeteros colombiens.
Vous vous demandez qui est José Pekerman ?
C'était le sélectionneur de l'Argentine lors de coupe du monde 2006. Soit peut-être le meilleur qu'ils ont eu ces quinze dernière années.
La Colombie a sa meilleure équipe nationale depuis la génération Valderrama, avec un pacsif de joueurs évoluant dans de bons clubs européens. Alors, oui je sais, je m'emballe pour un rien, sachant que le niveau des qualifications pour la zone sud-am est monstrueuse ! (Brésil-Argentine-Uruguay, mais aussi Peru et Venezuela qui ont leurs meilleures équipes depuis un bail. cf la copa américa 2011 ; Sans parler du tenace Paraguay et du Chili qui fait peur à tout le continent, et à la France en amical...) mais je demande à ce qu'on jette un coup d’œil sur cette équipe durant les qualifications bien que ça soit mal parti.


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MessageSujet: Re: Football Colombien   Mar 8 Mai - 0:11

Certainement plus adapté au prestige d'un bon L2 ou un moyen L1, Jhon Cordoba est en train de montrer des choses très prometteuses avec son club d'Envigado (banlieue rupin de Medellin).
Il a tout juste 18 ans, il est grand, rapide et marque des buts importants. Fan de Drogba, on pourra toujours lu faire miroiter que Guingamp c'est pas si loin de Laval..

Il doit pas coûter une blinde, en tout cas pas plus que Do Marco et Lebouc réunis. Et vu que Mitte a des potos sud-américains, il pourra toujours lui faire la conversation.

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